Ce n’est pas à la République de supporter le coût des réparations des crimes sexuels commis par des hommes d’Église.

Se dédouaner sur les contribuables français serait bien trop facile !

A lire dans Presse Océan.—

Retrouvez la tribune que j’ai écris sur le sujet :

« La commission indépendante sur les abus sexuels au sein de l’Eglise a rendu le 5 octobre dernier un rapport sur les violences sexuelles dans l’Eglise catholique de France entre 1950 et 2020. La lumière est faite sur des centaines de milliers de victimes et la responsabilité de l’Eglise est clairement pointée.

Ce rapport souligne que l’Eglise catholique n’a pas pris la défense des victimes et est restée centrée sur la seule protection de son institution.

Le rapport mentionne les modalités de financement des réparations souhaitables et souligne la nécessité d’écarter les pistes d’un appel aux dons des fidèles et d’une socialisation du financement.

Dès le lendemain de la publication du rapport, le 6 octobre sur France Info, le président de la Conférence des évêques de France a été interviewé.

Son ton était glaçant, ses propos d’une froideur innommable. Il a placé la loi divine au-dessus de la loi de la République de manière inacceptable. Il a réaffirmé que le secret de la confession était un secret absolu. Ses paroles sont intolérables et sont le reflet de ce que l’Eglise a été capable de taire depuis si longtemps.

Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort a aussi espéré que les fidèles puissent aider l’Eglise à financer les réparations.

En réalité, avant même la publication du rapport, l’Eglise avait décidé la création d’un fonds de dotation dédié, financé par l’argent des évêques, mais aussi par les fidèles et laïques qui le souhaiteraient.

Aucune loi de Dieu n’est supérieure à celles de la République, il faut intervenir rapidement pour empêcher la défiscalisation des dons pour ce fonds de réparation. Aucune politique fiscale ne devrait être appliquée pour l’indemnisation de ces crimes.

Il serait intolérable que la République Française puisse être, au travers d’avantages fiscaux, garante et complaisante à l’égard de cette institution qui n’a cessé d’être dans le déni et le silence depuis tant d’années.

En effet, les dons pour les associations cultuelles font l’objet d’une défiscalisation à hauteur de 66%. Celle-ci est actuellement majorée à hauteur de 75% jusqu’au 31 décembre 2022 en conséquence de la crise sanitaire.

Au final, l’Etat financerait ainsi près des trois quarts des indemnisations aux victimes alors même que l’Eglise possède un patrimoine et des actifs importants.

L’Etat n’est pas responsable des violences sexuelles commises au sein de l’Eglise catholique. Les Français n’ont pas à financer la réparation de ces actes ignobles. C’est aux auteurs et leur institution de réparer ce qui ne saura jamais être réparé. Se dédouaner sur les contribuables français serait encore bien trop facile… »