« La stratégie vaccinale de la France contre la Covid19 est essentiellement basée sur le critère de l’âge. C’est une reconnaissance réelle pour les personnes âgées ou encore les soignants de plus de 50 ans. Cela signe la volonté de l’Etat de protéger les ainés. Nous pouvons être fiers de ce choix humaniste et solidaire.

Mais cette stratégie souligne un message fréquemment véhiculé :

 « L’augmentation de l’espérance de vie est une chance tout en étant un facteur de vulnérabilité ».

Aujourd’hui, brutalement, à la lumière du Covid-19, cette même longévité devient une faiblesse.

Nous sommes nombreux à penser qu’il devient urgent de modifier notre stratégie. Il faut protéger les personnes âgées, oui mais aussi accompagner toutes les personnes vulnérables atteintes de comorbidités graves, quel que soit leur âge ! 

Il y a autant de vieillissements différents qu’il y a de personnes avançant en âge. Contraindre l’accès au vaccin sur le seul critère de l’âge est homogénéisant et ne permet pas à toutes les personnes vulnérables d’accéder à cette protection unique et inédite que représente le vaccin anti Covid-19. Le succès de notre stratégie vaccinale se fera sur la capacité des politiques publiques à s’adapter et à être agiles, et ne pas sélectionner les candidats au vaccin sur le seul critère d’âge chronologique.

De nombreuses sociétés savantes alertent par exemple sur l’urgence d’ouvrir l’accès aux patients atteints de comorbidités, notamment ceux atteints de cancers. En effet, si le taux de mortalité lié à la COVID est élevé pour les plus de 75 ans, il l’est davantage chez des patients atteints de certains cancers, et cela même chez des personnes très jeunes.

Le gouvernement affirme sa détermination d’accélérer le déploiement de la vaccination. Ne restreignons pas cette amplification au seul critère d’âge. C’est l’occasion de prouver notre capacité à adapter une stratégie collective tout en tenant compte du parcours de santé individuel de chaque citoyen. »