Missionnée le 9 avril par la commission des affaires sociales en binôme avec Gisèle Biémouret, Audrey Dufeu a présenté les conclusions de sa mission à la commission des affaires sociales le 6 mai. La mission s’est concentrée sur le renoncement aux soins des patients n’étant pas atteints du Covid-19, les malades chroniques notamment.
Cette mission s’appuie sur l’envoi de questionnaires et l’organisation de 6 auditions auprès des organismes d’assurance maladie, des ordres des professions de santé, des représentants des professions de santé et des patients ainsi que des établissements de santé. 2 tables rondes ont également été organisées en Visio conférence.

La députée inquiète des pertes de chance pour les patients.

Les conclusions de la mission ont confirmé une baisse très importante du recours aux soins pendant la crise. La peur pour les patients d’attraper le coronavirus avec une forte volonté de respecter le confinement expliquent la baisse du recours aux soins. La peur de déranger les soignants ainsi que la déprogrammation des soins par les établissements de santé sont les autres principaux facteurs explicatifs. La députée est inquiète des conséquences au long terme pour les patients et souhaite que les patients retournent dès que possible consulter leur médecin.

« Jusqu’alors la gestion de la crise a été centrée sur l’hôpital pour préserver la capacité hospitalière en réanimation. Il est primordial de mieux associer le secteur des soins de villes qui est incontournable pour le dépistage et suivi du covid-19 et qui a un rôle majeur dans le suivi des pathologies chroniques. »

Principales recommandations

La mission a fait le choix de concentrer sur plusieurs recommandations autour de deux axes : rassurer les patients et les soignants et accélérer le retour à la « normal » du système de santé.

Les deux rapporteurs alertent pour :

  • Sécuriser et sanctuariser l’accès aux équipements de protection et en produit de santé « S’assurer de la disponibilité des équipements de protection pour les soignants, à l’hôpital comme en ville, c’est assurer la continuité pour les soins, Covid et non Covid »
  • Impulser davantage l’organisation et la coordination territoriale des soins de villes en investissant le secteur de ville d’un « mandat de santé publique » « Cette crise est l’occasion de développer enfin une culture de Santé Publique, investissons et incitons-la financièrement via un mandat de santé publique en ville »