Merci Monsieur le Président,
Madame La ministre,
Madame la présidente de la commission des affaires sociales,
Madame la rapporteur,
Mesdames, Messieurs les députés,
Mes chers collègues,

Le débat en discussion générale d’une proposition de loi pour légaliser l’euthanasie et l’assistance au suicide pour les personnes atteintes de maladies graves ou incurable requiert de notre part, nous législateurs, de s’interroger sur la nécessité de légiférer et notamment sur les contours et conséquences d’un tel texte.

L’offre en soins palliatifs de notre système de santé a considérablement évoluée depuis ces dernières années. L’objectif des soins palliatifs est de soulager les douleurs physiques et les autres symptômes, mais aussi de prendre en compte la souffrance psychique, sociale et spirituelle.
Une maison de santé Canadienne nommée Victor Gadbois à Montréal dit que :
« Soigner les gens, ce n’est pas seulement rechercher les causes de leur souffrance mais de donner aussi l’espoir que demain sera mieux qu’hier » ….
Je les rejoins. Notre société, notre république, doit permettre à tout à chacun d’être soigner dans la dignité. Cependant, je dois aussi constater que dans certaines situations complexes, l’espoir que demain sera mieux qu’hier n’est plus possible et que plus rien n’est envisageable.

Alors, cette éthique du dernier soin, cette éthique du juste soin, doit être posée avec tempérance et lucidité.

Nous devons entendre les attentes de nos concitoyens.
Nous devons entendre nos professionnels de santé, nos médecins, nos infirmières, nos aides-soignantes ; et ;
Nous devons entendre nos bénévoles qui investis au quotidien dans les structures de santé ou du domicile accompagnent les personnes confrontées à la maladie.

Je ne saurai, à ce jour, en tant que législateur prendre position sur ce sujet de société qui requiert la plus grande prudence de notre part.
Molière disait que « l’on ne meurt qu’une fois et que cela est pour tellement longtemps… »

Alors prenons simplement le temps d’un débat de quelques mois de bioéthique.

Un débat qui nous éclairera sur les attentes de nos concitoyens qui semblent souhaiter que l’accompagnement de fin de vie soit mieux encadré. Un débat qui nous éclairera sur d’autres offres et possibilités que ce qui autorisé aujourd’hui.

Une loi de Bioéthique nécessite la plus juste législation cela ne peut passer que par un texte idoine, réaliste et concret. Celui-ci ne saurait l’être sans prendre connaissance du rapport de l’inspection générale des affaires sociales ou encore du comité national d’Ethique.
Et enfin sans l’évaluation de l’application et l’appropriation des lois LEONETTI de 2005 puis 2016.

Lorsque nous légiférons, lorsque nous rédigeons des textes, des articles de loi, des amendements : nous devons avoir un objectif d’efficacité avec l’assurance que la traduction et l’appropriation de la loi sur le terrain soit optimale et partagée par tous les acteurs.

Alors identifier en amont d’un texte les freins au déploiement d’une précédente loi sur la fin de vie permettrait de mieux légiférer une prochaine loi éventuelle si tel était le résultat et les conclusions des débats de Bioéthiques à venir.

Une loi sur la fin de vie et sur une assistance à mourir ne peut se faire sans une partie réservée au développement des soins palliatifs dans notre système de soins. Cela doit être complémentaire et aucun ne pourrait prévaloir sur l’autre.
Seul le respect des volontés des personnes souffrantes doit être entendu. Or ces volontés ne peuvent se faire qu’au travers d’une équité d’accès aux différentes offres de soins.

Le Dr Thérèse Vannier disait que c’est parfois tout ce qu’il reste à faire quand il ne reste plus rien à faire…

Alors ce soir, dans cet hémicycle, tout ce qu’il reste à faire c’est justement de reconnaître que tout reste à faire !